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Le Rove a rendu un hommage émouvant à Francis Guevara

Le village du Rove a rendu un dernier vibrant hommage à Francis Guevara, adjoint au maire du Rove, décédé dimanche.
L’émotion était vive ce mercredi après-midi sur le parvis de l’Hôtel de Ville du Rove où, malgré un froid glacial, une foule immense était rassemblée pour l’hommage public rendu à Francis Guevara.

Le cercueil a été déposé au centre de la place entouré par sa famille, ses proches, le maire, les élus ainsi que plusieurs centaines d’habitants, unis dans le chagrin.
La cérémonie a débuté vers 15h par l’arrivée du cercueil accompagné par la chanson « Tu aurais pu vivre » de Jean Ferrat suivie par deux vibrantes allocutions, l’une par son neveu, Fabien Mathieu, l’autre par le maire de la commune, Georges Rosso (à lire ci-dessous).
Une minute de silence a été respectée en fin d’hommage avec le départ du cercueil sous la chanson « Je te promets » de Johnny Hallyday (son chanteur préféré).
Le corps de Francis Guevara a été incinéré en fin d’après-midi au crématorium de Provence à Aix-les-Milles.

 

Allocution de son neveu, Fabien Mathieu :
« Ce qu’il nous reste.
Quand l’un des nôtres nous quitte on se pose assez rapidement cette question. Souvent la réponse qui vient de pair est : « les souvenirs », ce n’est pas faux mais je trouve que l’on pourrait voir plus loin.
Je me rappelle de cette journée où nous étions tous réunis pour faire une photo de famille.
A certains moments nous étions tous autour de mon petit cousin Matteo car il marchait en se tenant les mains dans le dos, c’est tout bête mais dans notre famille certains hommes ont cette habitude.
C’était le cas de mon grand-père « l’anguille » et la dernière fois que j’ai vu mon oncle Francis, il le faisait aussi.
Ceci n’est sûrement qu’une anecdote mais si on y regarde de plus près elle en dit plus sur les liens qui nous unissent, famille et amis.
Notre présence auprès de ceux qui nous sont chers, nos attentions, notre façon d’être, laissent quelque chose d’impalpable mais de pourtant très présent même après notre mort.
Un souvenir c’est le passé, cette présence dont je vous parle elle est ancrée dans le présent.
Je sais que la présence de mon cher tonton Francis apparaîtra à chaque fois que je ferais un trajet pour l’aéroport car c’est toujours lui qui m’y emmener.
Il sera sûrement là aussi quand nous mangerons des coquillages tous ensemble car nous sommes d’une famille de pêcheurs et que nos regards se tourneront toujours vers la mer.
Il est là, quand je fais preuve d’altruisme et d’empathie car j’ai appris de lui qu’il fallait toujours se tourner vers les autres peu importe qu’ils soient des proches ou pas.
Au final je crois que chacun d’entre nous pourra avoir ce ressenti dont je vous parle, chacun à sa manière, car j’ai l’impression que mon oncle Francis c’était un peu le tonton de tout le monde. »

 

Allocution de monsieur le Maire, Georges Rosso :
« Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le secrétaire de la fédération départementale et responsable national du parti communiste français
Mesdames, Messieurs
Chers rovenaines Et Chers rovenains
Chère Corinne
Chère Laura et Julia
Chers parents,

Le Rove est en deuil.
Les drapeaux de la mairie sont en berne.
Francis Guevara nous a quitté ce dimanche 15 janvier à 9 heures, il avait 72 ans.
L’émotion est vive dans la commune où la personnalité de Francis faisait l’unanimité.
Depuis dimanche, les messages de condoléances affluent en mairie et sur internet, des témoignages de personnalités élus mais surtout des habitants tous affectés.
L’émotion est palpable sur cette place où se mêlent les élus du conseil municipal, des personnalités, le personnel communal, et la population de notre commune, tous rassemblés pour lui rendre hommage.
Francis Guevara est élu conseiller municipal le 17 mars 1989, il a 44 ans.
Il intègre la commission municipale des sports, puis enchaîne un deuxième mandat en 1995. En 2001, à son troisième mandat, il est nommé au poste de Maire Adjoint.
Il dirige naturellement la délégation des fêtes, cérémonies et protocole où il accomplira un travail extraordinaire jusqu’à ce que la maladie le frappe en plein exercice.

28 années passées au sein du conseil municipal dont 16 années au poste de maire adjoint.

Il est impossible de retracer en quelques mots la richesse de sa carrière tellement ses activités étaient nombreuses.

Chacun ici connaissait son implication au sein de la plupart des associations de la commune et en particulier du comité des fêtes et de l’Office municipal des affaires sociales.
Il en était la cheville ouvrière.
Les fêtes votives de la sainte Anne, les banquets des retraités, le carnaval, ou les sorties des jeunes comme bien d’autres manifestations ;
Les activités du cercle où c’était la voix du loto chaque jeudi, comme dans les supers lotos annuels.
Les boums des enfants où il a vu défiler des milliers d’écoliers,
Au restaurant administratif et des retraités où il déjeunait chaque midi. Il avait plaisir à parler à tout le monde, chacun avait droit à un mot gentil, à avoir une attention, car voilà aussi ce qui caractérisait Francis, la bienveillance.
Sa simplicité, sa bonne humeur communicative, son rire, sa générosité et son sens de l’amitié en faisait une personnalité attachante.

Difficile de trouver les mots justes pour dire combien Francis était un être exceptionnel.

Au sein de la municipalité, il était omniprésent, incontournable.

C’était un élu exemplaire.
L’élu de terrain par excellence.
Francis avait des mains d’or. C’est avec une volonté, une disponibilité et un dévouement sans faille qu’il a façonné tant et tant de choses durant ces trente dernières années.
Délégué aux cérémonies, il prenait cette mission à cœur pour préparer toutes les manifestations officielles du village.

Il côtoyait au quotidien le personnel municipal. Il était chargé de préparer les tournées des bulletins d’informations municipales avant qu’elles soient distribuées dans chaque boite aux lettres.

Il ne ratait aucune réunion.

Pendant très longtemps, il a même tenu le rôle du papa noël aux écoles et à l’arbre de noël de la municipalité. Lorsque les enfants qui n’y croyaient plus le reconnaissait, ils chuchotaient alors « C’est pas le papa noël, c’est Francis ! »

Il aimait la nature.
C’était un pêcheur, un chasseur.
Mais il savait que la nature il fallait la défendre, Il le faisait au sein du comité communal de feux de forêts.
C’était un bouliste, un joueur de cartes.
Francis était un bon vivant.
Il aimait la plaisanterie et ne se prenait pas au sérieux.
Il aimait la vie.

Il a pris sa retraite très jeune.
Il s’est immédiatement investi à 100% au sein de la municipalité au service de la population.
Il a toujours eu à cœur l’intérêt de la commune et de ses habitants.
Francis était aimé et estimé de tout le monde.
Il m’arrivait souvent de lui dire « Francis, il faudrait faire ça ».
Et Il me répondait « C’est fait Jo ».
On ne peut pas dire que Francis est irremplaçable parce que personne ne l’est, mais on peut affirmer qu’il faudra se mettre à plusieurs pour le remplacer.
Depuis le mois de juin où sa maladie s’est déclarée, même si je le voyais dans la journée, je lui téléphonais tous les soirs. Je lui disais « « ça va Fran ? » et il me répondait avec son accent chantant « ça va, Jo, je suis bien ».
Je me demandais s’il était vraiment bien ou s’il disait ça pour me rassurer.
Francis était un homme fidèle.
Un militant communiste de très longue date, très attaché à son parti, à son fonctionnement et à son rayonnement au sein de la commune et au-delà.
Il militait déjà dans son entreprise dans l’intérêt des travailleurs.

Son engagement, ses activités ont marqué à jamais la vie de la commune.
Le Rove perd une de ses personnalités les plus appréciées ;

Les habitants perdent un être exceptionnel.

Avec sa disparition, c’est une page importante de l’histoire de notre village qui se tourne.

C’est une épreuve difficile pour chacun d’entre nous et surtout pour sa famille qu’il aimait par-dessus-tout.

Aussi,
Au nom des élus municipaux et du personnel municipal,
Au nom de Pierre Dharréville, secrétaire de la fédération départementale et responsable national du parti communiste français,
Au nom de tous ses camarades et des personnalités présentes,
Au nom de toute la population,
Je voudrais adresser
A Corinne, sa fille
A Julia et Laura, ses petites filles,
A Nadine, sa sœur,
Et Roger, son frère,
A tous ses neveux et nièces
A toute sa famille et ses amis
Ici rassemblées dans le chagrin,
L’expression de nos plus vives condoléances ;
Leur exprimer le témoignage de toute notre plus tendre affection dans ces moments douloureux ;
Et L’assurance que le souvenir de Francis restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs.
Plus personnellement, j’aurai tant de choses à dire mais je préfère me rapporter à la chanson de Jean Ferrat « tu aurais pu vivre encore un peu » en transformant les dernières paroles : je lui dirais « Francis, tu aurais pu vivre encore beaucoup, j’avais encore tellement besoin de toi ».